KATERINA UNDO

CREATURES CLUSTER

ARTISTE SÉLECTIONNÉE:

Katerina Undo [GR – BE]
Web

CREATURES CLUSTER

Les Créatures sont des modules/robots miniatures qui vivent de façon autonome, recevant leur énergie des cellules solaires et générant une variété de sons doux et de petits mouvements. Elles ont été développées à partir de deux simples circuits oscillateurs analogiques : le Suneater et le module Solar Sound. Le Suneater (inventé par Mark Tilden) est un circuit conçu pour récupérer l’énergie d’une source de lumière, au but de produire de petits mouvements. Le module Solar Sound (inventé par Ralf Schreiber) en revanche génère une grande variété de sons légers, en fonction de l’intensité de la lumière qui touche sa surface photovoltaïque. Chaque module est spécial et unique et il est impossible de le reconstituer exactement à l’identique.

Le projet a débuté en 2012 avec des performances sonores qui ont constitué différents ensembles : Creatures Sextet, Ensemble, Orchestra. La synthèse performative finale a été déterminée après une période d’observation attentive des structures sonores interdépendantes, qui se produisaient suite à l’interaction entre modules spécifiquement connectés en série et recevant une intensité lumineuse contrôlée. Les performances constituaient la résultante d’une « improvisation organisée » provoquée par la manipulation de sources lumineuses, et les trames sonores ainsi produites étaient ensuite amplifiées et mixées en live. La dernière performance de ce type a eu lieu au Festival Transmediale en janvier 2014 ; à partir de là, le projet est devenu de plus en plus autonome, en se développant jusqu’à donner vie à l’installation Creatures Cluster actuelle.
Creatures Cluster est un dispositif de « modules miniatures » sensibles à la lumière, agissant organiquement les uns avec les autres de manière réciproque, au but de générer une variété de sons doux et de mouvements légers. La nature sculpturale, fonctionnelle et auditive de l’ensemble n’est pas sans rappeler une sorte de système nerveux ouvert et une organisation sociale « en puissance ». Chaque module se présente comme un câble organique relié aux autres, et le tout constitue une sorte de toile étendue dans l’espace, sans limites d’échelle. Les modules tous ensemble gèrent et contrôlent l’ « organisme » tout entier, autant que la communication entre ses différentes parties, sans qu’il y ait de séparation entre ce qui est central ou périphérique dans l’ensemble.

Dans une optique plutôt « anti-autoritaire » et afin d’attester de la nature autonome et autosuffisante de l’ensemble, il n’y a pas de programmation prévue à appliquer au cluster, qui puisse déterminer les interactions entre les modules. Au lieu de cela, ces derniers interagissent directement avec la lumière, afin de prospecter les sources lumineuses qui enregistrent les oscillations dans le cluster, évoquées donc par l’idée d’autopoiesis [qui fait référence à un système capable de se reproduire et de se maintenir]. Les sources de lumière sont intégrées dans la sculpture, dans l’espace, et répondent à l’activité oscillante que le cluster même produit. Par conséquent, l’ensemble répond en permanence aux différentes circonstances de lumière, ce qui donne lieu à de nouveaux modèles d’oscillation ; une sorte de raisonnement causal se produit entre le chaos possible et l’homéostasie.

Chaque Creature Cluster est unique, en raison du fait qu’il est impossible de reproduire les modules et leurs interconnexions pour construire un ensemble identique. Chaque module du cluster est un organe potentiel et chaque ensemble un nouvel organisme, déplié dans l’espace et le temps sans limites. Etant donnée cette imprévisibilité déterministe, le travail est en constante évolution.

BIO

Katerina Undo est une artiste qui vit et travaille à Athènes et dont la pratique s’est développée en Belgique où plusieurs œuvres dont celles présentées au NOVA_XX furent produites. Elle a étudié à la Faculté de droit, d’économie et de sciences politiques d’Athènes, à la Panteion University of Social & Political Sciences auprès de la Athens School of Fine Arts et à la LUCA School of Arts de Bruxelles. Après de longues années passées dans le secteur du conseil en affaires, son travail d’artiste a évolué lentement, jusqu’à devenir sa principale occupation en 2010. Elle a été artiste résidente d’Overtoon (2015) et de Q-02 (2012) à Bruxelles, lauréate de l’HISK/Institut supérieur des Beaux-Arts (2013-2014), à Gand (Belgique), et parmi les artistes émergents choisis par 30 conservateurs de renommée mondiale pour Biennaleonline (2013, directeur artistique Jan Hoet, choisi par Katerina Gregos).

Son travail a été exposé dans le monde entier dans des musées, institutions, biennales et festivals internationaux dont Bozar (Bruxelles, 2018), Centrale for contemporary art (Bruxelles, 2017), Le Bel Ordinaire (Pau, 2017), Warp Triennial (Sint-Niklaas, Belgique 2016), Le Bon Accueil (Rennes, 2016), MAAC (Bruxelles, 2016), Warande, Turnhout (Belgique, 2015), C-mine (Genk, Belgique 2015), Project Arts Centre (Dublin, 2014), Z33 (Hasselt, Belgique 2014), HKW (Berlin, 2014), On Site Festival (Taipei, Taiwan 2014), IAC (Malmö, Suède 2013), Centre Culturel Onassis (Athènes, 2012), 2e Biennale-Ciel d’Athènes (2009).

PRODUCTION

– Résidence au Q-02 / Workspace for experimental music and sound art, Creatures Orchestra, Bruxelles (2012)

– Aide au développement du Gouvernement Flamand, Ministère de la Culture, Belgique (2013 & 2014)

– Overtoon-Platform for Sound Art, co-production du premier Creatures Cluster, Bruxelles (2014)

– TdAic / Taiwan Digital Art and Information Center a inclu Creatures Cluster dans son database d’oeuvres d’art innovates en 2014.

Enjeux de recherche / Innovation

La méthode de travail de Katerina Undo englobe à la fois la recherche et la pratique, supportées par la conviction que pendant le processus différentes formes de connaissance peuvent prendre vie et coexister. Ce processus qui est le sien trouve des points en commun avec les théories de problem solving, dans le sens où le point de départ est la formulation d’une thèse, autour de laquelle se situent différents travaux. La complexité du problème est en corrélation positive et invite à la mise en œuvre d’un éventail d’approches différentes, plutôt que d’une seule.
Cette approche multidimensionnelle de la recherche axée sur la pratique est déjà reconnaissable dans ses travaux précédents, qu’elle a considérés comme des parties ou des « sous-systèmes » de son œuvre globale ; ces parties identifient les outils et les supports les plus appropriés à différents contextes. Cette approche est également reconnaissable dans son expérience diversifiée, de l’économie aux beaux-arts et aux arts multimédia.
Compte tenu de de cette méthodologie, on peut facilement identifier les résonances conceptuelles de son travail, qui s’est développé suivant deux axes principaux en donnant vie à deux projets parallèles : a) d’une part le Projet Phonophorous, qui traite de façon concise du corps humain, internalisant la dimension extérieure ; dans ce travail elle propose un scénario tendu vers la perception du son qui se développe à l’intérieur du corps, déviant donc la transmission des ondes sonores qui se fait normalement par les oreilles externes, et b) le Projet Créatures, œuvre qui simule les fonctions d’un système nerveux ouvert, extériorisant et élargissant son activité oscillatoire interne.
Les projets ont tous les deux la caractéristique d’être en évolution permanente et le même postulat de base, concernant la détection du corps auditif qui en rapport avec l’espace intérieur, résonnant, de l’individu/organisme. L’absence relative de forme qui caractérise le son crée des interrelations déroutantes entre les différents états de la matière et ses propriétés : intérieur et extérieur, matériel et immatériel, organique et artificiel, sensible et intelligible…
Son travail est confronté à cette antinomie et – par conséquent – elle identifie à chaque fois les outils les plus appropriés pour réaliser chaque œuvre grâce à une palette de médiums et de technologies, savant mélange de beaux-arts « traditionnels » et éléments analogiques, digitaux ou hybrides.
Créatures Cluster est le genre de projet qui dépasse le créateur même, en faisant penser aux golems (dans le folklore juif un golem est un être anthropomorphe animé créé par magie entièrement à partir de matière inanimée). Une micro-échelle pour projeter les normes humaines, d’abord pour la mise en œuvre, ensuite pour l’expérimentation et enfin pour transmettre des degrés de liberté et de « libération » à l’ensemble ; le projet a été transformé de passif à actif et dynamique, s’enrichissant de valeurs socio-politiques au passage. L’élément clé est l’idée d’autopoiesis [du grec αυτό (auto) signifiant ‘soi’, et ποίησις (poiesis) signifiant ‘création, production’], qui fait référence à un système capable de se reproduire et de se maintenir. Pour le développement d’un tel environnement, l’artiste a collaboré avec un ingénieur et chercheur en électronique belge, Johannes Taelman, qui en 2013 travaillait sur son propre hardware autonome en esquissant des algorithmes audio numériques. Le résultat de cette collaboration donna vie à un système de logiciel de contrôle avancé, qui offrait le degré de liberté nécessaire à un groupe interconnecté de Creatures, pour qu’elles fonctionnent en mode autonome.
L’intensité de chaque lumière dans le Cluster dépend de son activité oscillatoire, et en même temps cette dernière est affectée par l’intensité lumineuse. Un effet de causalité sans fin s’origine donc à l’intérieur de l’organisme et prend le contrôle du système, tandis que les interconnexions entre les circuits distribuent l’énergie à d’autres parties de l’ensemble. Peu après la réalisation de la première installation de Creatures Cluster, Taelman a nommé la plateforme de matériel logiciel Axoloti (en référence à la salamandre Axolotl, organisme modèle dans la recherche biomédicale en raison de sa capacité à régénérer la plupart de ses parties du corps) et l’a libérée sous une licence open source.
Le fait qu’il soit impossible de re-construire des modules exactement égaux est une caractéristique qui confère à l’œuvre une condition de progression constante. Chaque module est un nouvel organe potentiel et chaque ensemble un nouvel organisme, régénéré, avec un espace potentiellement illimité et des extensions de temps pareillement infinies. Une forme libre se construit ainsi, à travers des câbles connectés, et attend l’inattendu ; une imprévisibilité déterministe qui devient progressivement instinctive, comme une sorte d’une entropie inversée.

DIFFUSION DE L’ŒUVRE

– Across the Great Divide, Creative Human – Machine Improvisations, International Conference. Medea Electronique & Onassis Cultural Center, Athènes. The Creatures Ensemble, Performance (19 octobre 2012)

– Q-02 / Workspace for experimental music and sound art, Bruxelles. The Creatures Orchestra, Performance (6 & 7 décembre 2012)

– ArtUP! Media Art in Bulgaria, Greece and Turkey, Parabole I, Sofia, Bulgarie. The Creatures Ensemble: Music for 18 Creatures, Performance (16 Avril 2013)

– BL!SK (collaboration Bl!ndman et HISK), Royal Academy of Fine Arts, Antwerp, Belgique. The Creatures Ensemble: Music for 18 Creatures, Performance (7 Septembre 2013)

– Transmediale Festival 2014, HKW – Haus der Kulturen der Welt, Berlin, Allemagne. Creatures Ensemble, Performance (30 janvier 2014)

– Tendencies, BOZAR/Palais des Beaux-Arts, Bruxelles. Creatures Cluster, installation site-specific (19-30 Septembre 2018).

FollowFb.Tw.
...

This is a unique website which will require a more modern browser to work!

Please upgrade today!