« On ne construit pas un monde nouveau
sans un langage nouveau. »
Ingebord Bachmann

Biennale dédiée à l’Innovation technologique, scientifique et artistique en mode féminin et à l’aune de la Quatrième révolution industrielle/4.0.

La première édition du Nova XX s’est tenu à Bruxelles, du 9 au 30 décembre 2017. Elle s’articula autour d’une exposition constituée de 9 installations d’artistes bruxelloises et européennes, de la présentation de 7 start-up bruxelloises et de la tenue de quatre conférences thématiques.

La seconde se tiendra au Centre Wallonie-Bruxelles à Paris du 29 novembre au 6 janvier 2020.

ARTISTES sélectionnées
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ARTISTES INVITÉES
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Start-up
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Jury
  • TBA

Haro sur les héros

Les narrations et mythologies collectives longtemps appréhendées sous le prisme viril des batailles et des défaites, des grandes conquêtes érigeant des figures de génies hypostasiant nos socles de référence communs ont trop longtemps fait des femmes exceptionnelles des exceptions.

L’Histoire pourrait-elle se passer des batailles et des héros? La métapolitique pourrait-elle se passer de canons pour valoriser le syncrétisme et les processus au-delà des aboutissements?

Dans l’histoire de l’art consacrée, c’est assez tardivement que les femmes ont été reconnues comme créatrices autonomes. Comme dans celle des sciences, elles ont souvent été les figurantes dissimulées par les dépositaires de brevets.

Ces dernières années et dans le cadre de nombreuses rencontres internationales tant des arts numériques que des « tech » – la question fut soulevée “Pourquoi si peu d’artistes femmes dans ce champ ? ». Rarement l’enjeu se pose en contre-pied, à savoir, “Pourquoi y a-t-il autant d’hommes dans ce champ”? Pour être plus précis encore dans la formulation, la question n’aurait-elle pas eu à être: « Quels sont les mécanismes qui privilégient cette prédominance non seulement d’hommes mais majoritairement d’hommes blancs et occidentaux dans ces secteurs ?”.

Et si la problématique posée avait fondamentalement à transcender strictement celle du genre et à se formuler en ces termes concis : “Pourquoi cette niche semble-t-elle encore rétive à la diversité” ?

Ambition

Le Concours NOVA XX a pour vœu de donner à appréhender des innovations technologiques et scientifiques dans l’art contemporain, mais également par la rencontre avec des fondatrices de start-up.

NOVA XX entend contribuer à stimuler des recherches transdisciplinaire. Il vise également à faciliter la rencontre entre les créateurs de champs différents. NOVAXX ambitionne la mise en exergue d’œuvres qui questionnent autant qu’elles attestent et incorporent des innovations scientifiques et technologiques, des oeuvres qui forcent à considérer que rien n’est inéluctable.

Le forum a – entre autres – vocation à ouvrir le champ de réflexion sur les ressorts de l’innovation et de la rupture des corporations.

La transformation digitale est d’une magnitude exceptionnelle. La quatrième révolution industrielle, celle du numérique qui inclut des secteurs comme l’internet, l’intelligence artificielle, le big data, les nouvelles techniques d’impression, les biotechnologies … métamorphose nos environnements.

Alors que selon la banque mondiale plus 1,2 milliard d’habitants sur terre n’ont pas encore accès à l’électricité, soit quelque 20% de la population mondiale, le nombre d’abonnements à la téléphonie mobile est passé de moins de 1 milliard en 2000 à plus de 7 milliards en 2016. Dans les pays en voie de développement, la pénétration des abonnements mobiles atteint: 94,1% n 2016 contre 126,7% dans les pays développés. En 2015, l’accès au téléphone portable pour la population mondiale est passé de 0,2% à 98,6% alors que l’accès à l’eau a évolué bien moins vite, passant de 76,1% à 91%. Le chiffre d’affaires mondial de l’e-commerce BtoC s’est élevé à 1 915 milliards de dollars en 2016, en hausse de 24% par rapport à 2015, d’après eMarketer. Il pèse donc 8,7% du total des ventes de détail dans le monde, contre 7,4% un an avant. D’ici 2020, il représentera alors 14,6% du total des ventes de détail sur la planète. Uber ne possède aucune voiture, Airbnb aucune chambre, Facebook ne développe aucun contenu…

Aujourd’hui, la taille des entreprises, le nombre de salariés qu’elles intègrent est sans commune mesure avec leur rendement et capitalisation boursière.

Les innovations nées de la conjonction de différentes technologies ne procèdent plus de l’exclusive de films d’anticipation utopique ou dystopique: des innovations de fabrication numérique incorporées dans le domaine de la biologie,  aux travaux déjà engagés sur l’impression 4D, au séquençage génétique rendu possible grâce à l’augmentation des puissances de calcul… les prouesses sont vertigineuses.

La création numérique dans ses multiples composantes : « la réalité augmentée », « l’art audiovisuel », « l’art génératif », « l’art interactif », le « Net-art », « la photographie numérique » … donne à saisir d’une manière inédite les potentialités – qui ne sont pas données d’emblée – de nombre de nouvelles technologies et innovations scientifiques. L’art numérique donne à découvrir des pans du « réel » et possiblement un autre réel sous un angle inédit.

Un des traits singularisant la Quatrième révolution industrielle réside dans son caractère transversal avec la coordination et l’intégration croissante d’innovation émanant de champs divers.

Les opportunités engendrées par cette révolution industrielle sont à la mesure des défis qu’elle soulève. Comment faire en sorte que cette révolution ne soit pas source d’inégalités poussées à leur paroxysme – source de fragmentation et de polarisation des populations?

L’inégalité entre ceux dépendants de leur travail et ceux dépendants de leur capital – intellectuel ou physique – va croissante. Si l’on considère l’inégalité comme source de problème, si l’on continue de la considérer comme un fléau, il est essentiel de réfléchir aux bases d’un nouveau contrat social qui intègre les effets de la Quatrième révolution industrielle.

La question de l’inégalité hommes-femmes à l’aune de cette révolution se pose de manière cruciale. C’est un fait mesuré et quantifié : dans les filières des TIC (Technologies de l’information et de la Communication) et des STEM (sciences, technology, engineering & mathematics), la place des femmes demeure marginale. Les femmes restent sous-représentées dans l’ensemble de l’écosystème de l’innovation technologique.

Ces filières demeurent des Old Boys Club.

En 2015, au niveau mondial, 46% des hommes contre 41% des femmes sont connectés à Internet. Cet écart est encore plus prononcé dans les pays en développement, où il est de 15,4% en défaveur des femmes, contre seulement 5,4% dans les pays développés.

7 employés sur 10 sont masculins dans des entreprises comme Google, Apple, Facebook, Twitter. Le ratio est encore plus déséquilibré dans les fonctions de leadership, où près de quatre postes sur cinq sont assurés par des hommes.

Il n’est pas inopportun de mettre ces chiffres en regard de ceux liés à la question de la diversité. Selon le Bureau du Travail américain, les dix sociétés les plus importantes de la Silicon Valley accueillaient 70% d’employés blancs en 2012, alors que la moyenne en Californie se situe autour de 55%. Yahoo a récemment révélé que seuls 2% de ses effectifs sont des Afro-Américains, alors qu’ils représentent près de 15% de la population globale des États-Unis.

Dès lors, quel nouvel écosystème, quelles mesures politiques, juridiques et réglementaires avons-nous à construire – sous tendues par quelles valeurs, par quels principes éthiques et au bénéfice de quelles visions de société ?

Qui a autorité, qui décide de consacrer et de valoriser ? Quelle figure serait considérée comme digne de commémoration de celle qui ne le serait pas ? Rares sont ceux et celles qui peuvent citer des femmes œuvrant dans le domaine de la science ou encore dans le domaine des nouvelles technologies. Qui sont celles et ceux qui connaissent Joan Clarke, Margaret Hamilton, Grace Hopper, Rosalind Elsie Franklin, Maria Telkes, Lise Meitner, Ada Lovelace, Ginny Rometty… et qui connaissent pourtant Edison, Einstein, Tesla, Kepler, Newton, Elon Musk, Bill Gates… Sans présager et s’hasarder à tracer les traits d’une démarcation essentialiste entre la création masculine et féminine, la question qui se pose est celle de la reconnaissance et de la valorisation asymétrique entre la création des uns et des autres.

De la figure du Hacker, pirate des temps modernes, à celle du sexy trentenaire Fondateur de la start-up proumouvant le modèle le plus disruptif, aux héros prométhéens du dernier livre de science–fiction dystopique : tous sont des hommes associés à l’imagerie du pouvoir. La technique n’est pas morale en soi, pas plus qu’elle ne poursuivrait de visées éthiques. Tout demeure question de choix et d’orientation. Dataland est un mythe et aucune donnée n’est donnée en soi…

Dans un grand élan « rationaliste » qui se dénie de tous biais idéologique, nos sociétés de demain se singulariseraient dit-on par le pouvoir de création, d’auto-regénération et de communication qui rési- dera entre les mains – potentiellement – de « chaque smart citoyen ». Certains y voient l’avènement de sociétés plus inclusives. Ce qui est évident c’est que l’empowernment – favorisé par les nouvelles tech- nologies – bouleversera les relations entre le citoyen, les entreprises privées, les start-up et les pouvoirs publics. Songeons aux WikiLeaks, aux lanceurs d’alerte, aux rôles des GAFAM tels qu’ils bouleversent profondément le rapport à l’information et aux pouvoirs politiques établis.

Le monde change et ce perpétuellement… Ingebord Bachmann disait « On ne construit pas un monde nouveau sans un langage nouveau »…

Sans nous conformer à l’impératif d’une montée en mythologie d’héroïnes et de génies, guidées par la volonté de valoriser des talents féminins, construisons ce monde nouveau !

Stéphanie Pécourt, Fondatrice du NovaXX
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