VERENA FRIEDRICH

VANITAS MACHINE

ARTISTE SÉLECTIONNÉE:

Verena Friedrich [DE]
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VANITAS MACHINE

VANITAS MACHINE aborde la question du désir de vie éternelle et du potentiel des moyens pour prolonger la vie. Fondée sur une bougie qui se consume très lentement grâce à une intervention technique, l’installation crée une analogie contemporaine à la tentative de prolonger la durée de vie humaine grâce à la science et à la technologie.

En tant que l’un des symboles de vanitas classique, une bougie qui se consume rappelle la futilité de l’instant, la brièveté de la vie humaine et la certitude que toute existence a une fin. Mais cette fin est-elle véritablement inévitable ?

Durant les deux siècles derniers, l’espérance de vie humaine moyenne a augmenté de manière significative dans les pays industrialisés. De plus, dans un contexte de recherche scientifique, les causes biologiques du vieillissement sont explorées. De nombreuses théories sur le vieillissement ont déjà été développées qui mettent en lumière à la fois les facteurs physiologiques et environnementaux.

L’une des premières théories du vieillissement est la «théorie du rythme de vie» qui prétend que la durée de vie des organismes est relative au renouvellement d’énergie, et par conséquent connectée à l’apport calorique, à la consommation d’oxygène et au rythme cardiaque: plus le métabolisme est élevé, plus la durée de vie de l’organisme sera courte.

Dans VANITAS MACHINE, une bougie est placée au centre d’un montage expérimental. De manière similaire au phénomène de respiration humaine, une bougie qui brûle consume de l’oxygène et produit du dioxyde de carbone et de l’eau. Plus le renouvellement d’oxygène et d’énergie est élevé, plus la durée de combustion de la bougie est courte.

VANITAS MACHINE a été développé spécifiquement pour maintenir une bougie « en vie » sous des conditions contrôlées, en la protégeant des facteurs environnementaux et en régulant précisément l’apport d’oxygène du « métabolisme » de la bougie pour influencer sa durée de vie.

Kapelica © Miha Fras
PRODUCTION

Technical realisation in collaboration with Lab3 – Laboratory for Experimental Computer Science, KHM– Supported by the Academy of Media Arts Cologne, Germany.

BIO

Verena Friedrich est une artiste multidisciplinaire qui crée des installations media basées sur le temps dans lesquelles des médias organiques, électroniques et sculpturaux entrent en jeu. Elle a activement collaboré avec des scientifiques et ingénieurs et également travaillé dans de nombreux laboratoires bio-scientifiques durant les dernières années de sa pratique. Au travers de ses installations poétiques, elle aborde des problèmes complexes et fait participer le public à un niveau conceptuel et physique, en l’invitant à explorer des thématiques existentialistes relatives à la (bio)technologie, à la science et au corps.

Ses projets ont été présentés à l’international dans le contexte d’expositions, de festivals d’art médiatique et de conférences. Elle a reçu le Prix Media international pour la science et l’art de ZKM Karlsruhe en 2005, une Mention spéciale aux Prix de l’art et la vie artificielle du VIDA 13.2; une Mention honorifique aux prix Ars Electronica 2015 et une Mention du jury lors du Media Arts Festival 2015 du Japon. Durant ces dernières années elle a entrepris différentes recherches et résidences productives au Québec/Canada soutenues par «EMARE – European Media Artists in Residence Exchange» et via le programme « Pépinières européennes ». En 2016, elle a reçu le prix lab.30 pour son installation THE LONG NOW qui a été montrée de nombreuses fois durant les deux années dernières à travers des expositions en Europe, Amérique du Nord et Asie.

Verena Friedrich est diplômée de l’Académie des arts médiatiques de Cologne et de l’Université d’art et de design d’Offenbach. Elle a enseigné à l’Université de l’Art et du design à Offenbach et à l’Université Bauhaus de Weimar.

Enjeux de recherche / Innovation

En utilisant des moyens technologiques, VANITAS MACHINE a pour but de faire se consumer une bougie le plus longtemps possible. En la protégeant des facteurs environnementaux et en régulant son «métabolisme», le facteur de combustion peut être influencé de façon à allonger la durée de vie de la bougie. La première étape a été de créer un environnement clos en mettant la bougie dans une cloche de verre fabriquée sur commande. La seconde a été de manipuler l’atmosphère dans le récipient: je contrôle l’apport en oxygène en fonction de l’intensité de la flamme.

Des capteurs analogues, comme l’oxygène, et des capteurs sensibles à la flamme sont utilisés pour surveiller le processus de combustion. Lorsque l’intensité de combustion chute en-dessous d’un certain niveau, une petite quantité d’air frais est fournie. Lorsque la bougie se consume, des capteurs et un orifice de sortie d’air suivent la position de la flamme. Ceci est fait en utilisant une construction faite sur commande pour un ajustement motorisé de la hauteur en référence aux données du capteur. La ressource d’oxygène est régulée par une valve magnétique qui est utilisée pour contrôler le flot d’air généré par un compresseur d’air. Le cliquetis rythmique de la valve indique «la cadence du métabolisme» actuel du système.

De plus, la bougie est directement associée à une échelle de précision numérique – un capteur de poids pour être précis – qui affiche continuellement la masse restante.

Dans l’air d’une pièce normale, 0,02 grammes de cire fondent en une seconde environ. Avec cette installation, il est possible de prolonger la vie de la bougie de 2,5 fois.

VANITAS MACHINE est une œuvre que j’ai commencé à développer en 2013. J’avais fait des recherches sur les thématiques de l’immortalité, du temps en général et sur l’idée de manipulation du temps individuel grâce à des moyens biotechnologiques et médicaux.

Je suis tombée par hasard sur une image spécifique – celle d’une « bougie horloge ». Elle montre une bougie ordinaire qui a été mise dans un réceptacle en métal, avec une balance. Lorsque la bougie brûle, on peut mesurer le passage du temps en fonction de la consommation du matériau de la bougie.

De plus, en tant que l’un des symboles classiques du vanitas, une bougie qui brûle rappelle le passage du temps, la futilité du moment, la brièveté de la vie humaine et la certitude de la fin de chaque existence. En général, la flamme vivante mais éphémère d’une bougie qui brûle représente souvent la vie ou l’âme humaine, tandis qu’une bougie éteinte symbolise la mort.

Le sens symbolique et la fonction fusionnent donc ici. D’un côté, il y a un lien direct entre un matériau organique et le temps ainsi qu’il est représenté par l’objet de la bougie horloge, de l’autre côté une bougie qui brûle et qui rappelle la vie humaine, et particulièrement la notion de durée de vie prédéterminée.

Durant les deux derniers siècles, l’espérance de vie moyenne a considérablement augmenté dans les pays industrialisés à cause de progrès en matière de conditions de vie, d’hygiène et de soins médicaux. À un niveau individuel, certains cherchent à prolonger la durée de vie par la nutrition, le sport et l’absorption de produits médicaux. De plus, dans un contexte de recherche scientifique, les causes biologiques du vieillissement sont explorées. Le vieillissement et la mort sont devenus des phénomènes biologiques à étudier et, potentiellement, à conquérir. C’est pourquoi, symboliquement, nous ne regardons plus une bougie brûler de manière passive, mais nous manipulons activement et intervenons dans le processus par des moyens scientifiques et technologiques.

Je suis ensuite tombée sur une théorie intéressante en matière de recherche sur le vieillissement. La «théorie du rythme de vie» – qui était l’une des premières théories sur le vieillissement – prétend que la durée de vie des organismes est relative au renouvellement d’énergie ou au métabolisme. Ce qui signifie qu’en ralentissant le métabolisme et la réaction chimique qui y est associée (qui est liée à un apport calorique plus faible, une plus faible consommation d’oxygène et un rythme cardiaque plus lent) on pourrait véritablement prolonger la durée de vie d’un organisme.

Comme précédemment mentionné, une bougie nécessite de l’air – de l’oxygène, plus précisément – pour pouvoir brûler. Il est intéressant de noter que la réaction chimique qui a lieu durant la combustion montre certaines similarités avec le métabolisme humain, en particulier le processus de respiration. Lorsque nous respirons, nous inhalons de l’oxygène, et, avec les hydrates de carbone provenant de notre nourriture, celui-ci réagit au dioxyde de carbone et à l’eau, que nous expirons ensuite. Lors de la combustion d’une bougie, les hydrates de carbone de la cire réagissent avec l’oxygène au dioxyde de carbone et à l’eau. Dans les deux cas, de l’énergie est produite.

En référence à la théorie du rythme de vie, j’ai réalisé qu’en réduisant l’apport d’oxygène, je pouvais ralentir le processus de combustion et le renouvellement d’énergie, et ainsi faire « vivre » plus longtemps la bougie. Donc, si l’on se base sur le fait que la combustion d’une bougie peut être comparée au processus de respiration humaine, à un niveau (bio)chimique, j’utilise la bougie comme un système modèle pour évoquer l’idée que le temps individuel des organismes peut être manipulé par une intervention technique et (bio)chimique.

Durant mes recherches, je me suis intéressée au sujet du vieillissement et j’ai également étudié les théories relatives. Il y a de nombreuses théories différentes concernant la raison du vieillissement des organismes qui peuvent être approximativement divisées en théories évolutives, programmées et en théories fondées sur les dommages.

La théorie du rythme de vie appartient aux théories qui se fondent sur les dommages. Elle prétend que la durée de vie d’un organisme est relative au renouvellement de son énergie (spécifique à sa masse) ou à son métabolisme. Plus le métabolisme est élevé, plus l’activité biochimique est rapide, et plus vite l’organisme va vieillir.

De nombreuses expériences sur des organismes modèles semblent prouver cette théorie: par exemple, il a été montré de manière établie qu’une restriction calorique pouvait prolonger la durée de vie des rongeurs de façon significative. D’autres variations de la théorie portent non seulement sur l’apport calorique mais également sur le rythme cardiaque et la consommation d’oxygène en tant que facteurs liés au métabolisme et au vieillissement.

Ce n’est que plus tard que j’ai réalisé que la théorie du rythme de vie était en réalité une des premières théories sur le vieillissement et qu’elle avait été largement acceptée tout au long de la majorité du vingtième siècle. Elle a été inspirée à l’origine par l’observation qui veut que des organismes plus larges aient un métabolisme plus lent et vivent souvent plus longtemps.

De nos jours, cette théorie du rythme de vie est relativement controversée et certaines observations semblent la contredire. Mais des approches comme la restriction calorique continuent d’être un sujet actuel dans la recherche sur le vieillissement et sont encore explorées aujourd’hui.

Je suis tombée sur cette théorie dans le chapitre d’un livre scientifique populaire dont le titre était: « La bougie claire et lumineuse brûle plus vite. » Le rapprochement entre la « théorie du rythme de vie », l’objet et le symbole de la bougie avait donc déjà été faite. Bien que le métabolisme des organismes vivants soit certainement bien plus complexe que celui du processus de combustion d’une bougie, il y a certaines similarités à un niveau (bio)chimique – par exemple, lorsqu’on observe un processus de combustion d’un côté, et un processus de respiration de l’autre. C’est pourquoi j’utilise dans mon projet, entre autres, une bougie comme une sorte de modèle d’organisme, pour évoquer les similarités et les différences entre les matières animées et inanimées et les systèmes.

MENTION DES PRIX ET DIFFUSION DE ŒUVRE

Première : V2_ TestLab, The New Institute, Rotterdam, NL – mai 2013
– Prix Ars Electronica, Honorary Mention, « Hybrid Arts » Category– 2015
– 19. Japan Media Arts Festival, Jury Selection – 2015
– Cologne Design Prize, Nomination – 2013
Cinema 2.0 : The Phantom Machine, ifva Festival, Hong Kong Arts Centre, Hong Kong – 2017
DIE, AND BECOME! Art and Science as the Conjectured Possible“, Laznia Center for Contemporary Art, Gdansk, Poland – 2016
VANITAS MACHINE (Solo), Kapelica Gallery, Ljubljana, Slovenia – 2014
– Atelier #51, Experimental Platform for the Arts, PACT Zollverein, Essen, Germany – 2013
– Cologne Design Prize, Museum of Applied Arts, Cologne, Germany – 2013
VANITAS MACHINE | CELLULAR PERFORMANCE (Solo), Max Planck Institute for Biology of Ageing, Cologne, Germany, 2013
– Annual Show, Academy of Media Arts Cologne, Germany – 2013
TestLab, V2_, Institute for the Unstable Media, The New Institute, Rotterdam, NL – 2013

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